lundi 25 avril 2011

Blackwatch, Permanente CoCy, sous les feux des projecteurs

Au tour de Blackwatch, Permanente chez CoCyclics, auteure également, actuellement en cycle avec les Outrepasseurs (Phase III).

Accueillons-là !

Salut Blackwatch ! Bienvenue sur ce blog ! Comment vas-tu ?

Je suis ravie d’être ici. Merci Earane de l’invitation !

Tu es l’une des Permanentes de CoCyclics. Tu as donc l’expérience de la bêta-lecture et en plus, tu es actuellement en cycle avec ton roman « Les Outrepasseurs ».
Peux-tu nous présenter ton roman ?

Oh, la bonne question que voilà ! Il s’agit d’un roman fantastique, qui se déroule sur deux plans: d’abord à Londres en 1993, où Peter, un ado sans histoire, est soudain victime d’une violente attaque. La découverte de ses agresseurs provoque sa rencontre avec les Outrepasseurs, société secrète qui mène le combat contre des prédateurs psychiques : les fées. Ils révèlent à Peter un héritage qui fait basculer toutes ses certitudes et qui l’entraîne dans l’Île-de-France, au 13e siècle. C’est un premier tome et j’ai une bonne idée de la suite, même si je ne l’ai pas encore écrite !

Pour nos lecteurs qui l’ignorent, qu’est-ce-qu’un cycle et à quoi cela sert-il ?

En fait, le cycle de bêta-lecture CoCyclics consiste en quatre phases : après que le roman a été sélectionné par le collectif CoCyclics, ce qui suppose un roman qui a été relu par son auteur, il entre dans une première phase, où deux bêta-lecteurs lisent le roman et remettent une synthèse de leurs avis à l’auteur. Ce dernier entre ensuite dans la phase II, où il corrige son roman selon les indications données. Bien entendu, l’auteur reste maître de son ouvrage. Néanmoins, le fait de pouvoir écouter et tenir compte des remarques de ses bêtas constitue un plus indéniable.  En phase III, de nouveaux lecteurs se penchent sur le tapuscrit corrigé et expriment à leur tour les remarques, qui entrent plus dans le détail, notamment sur la forme. Enfin, lors de la dernière phase, l’auteur prend en compte les remarques de ses lecteurs et corrige à nouveau son tapuscrit. S’il a respecté les règles inhérentes au cycle, son manuscrit est estampillé CoCyclics et présenté à nos éditeurs partenaires grâce à un mail collectif. Naturellement, tout ceci se fait avec l’accord de l’auteur. 

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site de CoCyclics !

Le but d’un cycle est tout simplement de donner toutes les clefs nécessaires à l’auteur pour améliorer son roman. Il est très difficile de trouver autour de soi des personnes qui puissent se pencher sur  vos écrits et vous donner un avis objectif. De plus, les grenouilles vous encouragent à chaque épreuve, sont là pour vous remonter le moral ou procurer des conseils… Bref, que des avantages !

Où en es-tu actuellement de ton propre cycle ?
Je suis à la fin de la phase II, j’apporte donc les dernières corrections aux Outrepasseurs avant de le livrer aux bêta-lecteurs de phase III.

(Note : A l’heure où cette interview est publiée, Blackwatch est entrée en phase III avec son roman)

Quelles sont les difficultés que tu as rencontrées dans les différentes phases jusqu’ici ?

La plus grande difficulté a été, au vu de la synthèse de mes chères alphas, en phase I, de savoir comment envisager la phase II et les changements qui s’imposaient dans mon roman. De plus, comme je souffre d’un manque chronique d’organisation et qu’on ne s’engage pas à la légère dans un cycle, il m’a fallu remettre de l’ordre dans mon planning d’écriture, ce qui n’est pas toujours facile à faire !

Je sais de source sûre (ah non, je ne citerai pas ma source, non mais !) que tu as choisi de réécrire ton histoire à un moment donné. Pourquoi ?

Comme j’en parlais plus haut, le plus difficile a été concilier les enjeux de mon histoire avec la synthèse remise par mes alphas. Certaines modifications ne se révélaient pas importantes à réaliser. Néanmoins, j’ai pris conscience que je pouvais explorer mon intrigue d’une manière différente en me lançant dans une réécriture. Approfondir tel personnage, définir de manière différente tel autre, éclaircir les motivations… bref, que je pouvais écrire une bien meilleure version ! Je me suis donc lancée dans cette réécriture qui vient de s’achever. Je suis plutôt contente du résultat d’ailleurs.          

Quel type d’investissement cela te demande-t-il au quotidien ?

Comme je suis nulle question organisation, j’ai donc profité de chaque moment de libre pour avancer. Par exemple, fini la lecture pendant mes deux heures de trajet quotidien en train et vive l’écriture ! En tout cas, si j’avais dû passer cette phase II toute seule, sans le soutien de mes alphas et des grenouilles, je sais que je me serais découragée bien plus souvent. La motivation insufflée par CoCyclics m’a aidé à tenir bon.          

Toi qui a déjà accompagné un auteur en cycle, et qui sait donc par quelle « épreuve » passe l’auteur,  comment te positionnes-tu maintenant que c’est toi qui est sur le grill ? (hmmm, je sais pas si ma question est claire… n’hésite pas à me dire si tu n’as pas compris !)

Pas d’inquiétude, c’est très clair ! J C’est vrai que passer de l’autre côté du miroir et se retrouver sur la sellette comme auteur est un peu déconcertant. Soudain, je ne donne plus les coups de fouet, je les reçois ! (même s’ils ont été peu douloureux jusqu’ici). Mais l’expérience que j’ai tirée de ma collaboration avec plusieurs auteurs lors de leurs cycles m’a aidé aussi. En tant qu’auteur, je ressens du stress pour l’instant à l’idée de passer en phase trois et de soumettre une toute nouvelle mouture aux lecteurs. C’est un nouveau pari en quelque sorte. Je sais aussi l’importance de cette phase et j’essaie de mettre tout en œuvre pour bien la préparer.   

Comment gères-tu ta vie personnelle, professionnelle et l’écriture ?

Comme mentionné plus haut, je profite de chaque moment libre pour avancer dans mes projets. Bien sûr, avec les proches et les amis, il faut parfois faire des sacrifices et expliquer que non, ce week-end, je préfère bosser… Pas toujours facile à vivre, mais on s’en sort avec un peu de communication ! 

Revenons-en à CoCyclics. Qu’est-ce-que t’a apporté le collectif à titre personnel ?

Enormément. CoCyclics, c’est avant tout une formidable aventure humaine. Collaborer au quotidien avec des personnes passionnées, partager leurs peines comme leurs moments de joie et préparer également des projets – parfois de grande ampleur – m’a apporté énormément sur le plan personnel. C’est toujours un grand plaisir que de se rencontrer en chair et en os, ce sont des gens formidables et qui réussissent toujours à me donner de l’énergie, de la motivation et du bonheur, tout simplement.            

Quels conseils donnerais-tu à un auteur qui souhaiterait soumettre son roman au collectif ?

D’abord, de prendre conscience que le cycle est synonyme de pas mal de travail et d’énergie. On ne s’y engage pas à la légère. Il faut être prêt à écouter les remarques des bêtas, qui ne sont pas toujours faciles à entendre, et à en tenir compte. Il faut aussi accepter que votre roman n’est pas aussi parfait que vous vous l’étiez imaginé et qu’il faut bosser pour l’améliorer. Néanmoins, le cycle ne ressemble pas pour autant à un long calvaire ! Je pense que l’auteur, qui a pris conscience du chemin qu’il lui reste à parcourir, qui croit en son histoire et qui est motivé, peut soumettre son roman. Et il peut compter sur l’enthousiasme permanent des grenouilles !        

Un petit mot pour la fin, Blacky…

Je le dédierai à tous ceux et celles qui rêvent de manier la plume (ou le clavier !) et qui n’osent pas se lancer par peur de la page blanche : lâchez-vous. Donnez donc une chance à cette histoire, qui vous titille les neurones du matin au soir, au point que vous y pensiez constamment. N’hésitez pas ! Et si vous voulez découvrir les secrets de la mare, tel que le fameux nénuphou, plongez donc dans la Mare !      

Merci d’avoir joué le jeu, Blacky ! Ce fut un réel plaisir !

Un plaisir pour moi aussi !

A biêntôt pour d'autres interviews ! 

mardi 19 avril 2011

Le Livre des Tempêtes ~ Tome Deux : Et du chaos naquit l'espoir

Voici la fiche-résumé du T2 du Livre des Tempêtes... GO GO GO !

Titre du projet :

Le Livre des Tempêtes (LdT) – Tome Deux : Et du chaos naquit l'espoir

Genre :

Dark & High Fantasy

Public visé:

Adultes

Nombre de signes prévus :

Partons du principe de faire deux tomes plus ou moins égaux, donc, environ 85000 mots ou 500k

Résumé :

L’histoire (Tome un) :

Almar était un jeune homme bien sous tous rapports jusqu’au jour où il entreprit de sauver l’élue de son cœur, Dame Lorelei, Grand-Maître des Alchimistes, en s’emparant du précieux et maudit Livre des Tempêtes. Celui-ci capable de réveiller les créatures grouillantes des Abysses est la convoitise du terrible Sorcier-Seigneur Askaath, lequel fomente un complot pour devenir le chef incontesté du monde kyrien. Chacun de leur côté, nos héros vont affronter le pire comme le meilleur. Ils mèneront leur combat, avec cœur et acharnement, au péril de leur vie, tantôt considérés comme des traîtres, tantôt comme des sauveurs. Mais comme dit l’adage, l’habit ne fait pas le moine. Une surprise de taille les attend lors de l’assaut final, à Dun Bodr : Héden le Sage, fidèle serviteur du bien, a changé. La cupidité l’a corrompu et lui aussi veut désormais s’emparer du Livre. Lors de l’ultime appel au chaos, il s’empare du funeste grimoire et disparait, laissant se déchaîner le chaos et la destruction sur le monde kyrien, plongeant tous les peuples qui y vivent dans un désordre sans nom.

Tome deux :

La colère gronde partout dans le monde kyrien, tandis que le mal se déverse sur toutes les terres à gauche et droite de la faille. Les créatures grouillantes traquent et tuent tout sur leur passage. Guidées par Héden le Sage, le père de Lorelei, celui que l'on n'imaginait pas fomenter pareil complot, elles détruisent tout, annihilent toute vie, végétale ou animale.
Retranchés dans les montagnes de Kaz Arghin, Almar, Lorelei et les quelques survivants de l'assaut final (voir T1), préparent la suite des opérations. Ils doivent impérativement mettre un terme à toute cette destruction, au risque de voir disparaître à jamais leur monde. Muni de la Dague d'Ebène, qu'Héden a honteusement oublié d'emporter, Almar tient une possibilité de renverser la tendance. Mais celle-ci s'avère plus dangereusue. En effet, pour pouvoir arrêter le maudit magicien, il doit se rendre sur les terres de celui-ci, lequel a pris possession de l'île des Tempêtes, sa désormais forteresse protégée par les créatures.
Pourtant il est loin de se douter que l'avantage pourrait bien venir de ces mêmes créatures. Sans la dague, Héden ne peut les contenir et le jour de la rebéllion a sonné. Les créatures vont enfin prendre le pouvoir, pour toujours. A moins qu'Almar et les siens ne les arrêtent.
Mais tapi dans l'ombre, Askaath n'a pas dit son dernier mot. Il a soif de vengeance.
Quand à l'espoir, il existe bel et bien, mais encore insignifiant et trop fragile tout de rose recouvert. L'enfant béni, l'enfant de Lorelei et Marog a une destinée, pourvu qu'il suive les traces de ses parents et choisissent le camp du bien.

Les personnages :
On reprend les mêmes que le un et on recommence. Viendront se greffer des personnages secondaires ensuite.

Voici les principaux :

- Almar : fils de Sidrig Belen, libraires, marchands de livres et grimoires anciens ;
- Lorelei : Grand-Maître des alchimistes, celle qui fait battre le cœur d’Almar
- Askaath, Sorcier-Seigneur, Souverain incontesté des Terres Dévastées
- Mar’yen : Crone, mère de Lorelei, membre du conseil des Abysses
- Héden le Sage : père de Lorelei, Grand-Maître des Magiciens
- Ysatine & Yavan : Maître-alchimistes, seconds de Lorelei et amis d’Almar
- Marog, l’amant de Lorelei et le père de l’enfant qu’elle porte
- Noran & Figan : deux nains, amis d’Almar (lesquels ont entrepris le voyage à ses côtés)
- Héda : reine du royaume de Berm, déchue de son titre par Héden le Sage
- Amaya : membre du conseil des Abysses, compagne du Dieu Mayin, alliée d'Héden le Sage

Outils / méthodes utilisés :

Dictionnaires en tout genre (syno, analogique, dico de base), mon pc portable & mon eeepc , mes fiches-personnages, mes fiches-mondes, mes synos-chapitres (à venir) et la carte géographique du monde kyrien

Etat du projet au 19/04/2011 :

syno en cours de construction, rédaction en réflexion

Nombre de signes :

0

Difficultés potentielles :

Egaler le rythme de ces deux derniers mois, pour tenter de terminer le premier jet avant fin décembre. Mais je suis optimiste et motivée.
Parallèment, je bosserai sur les corrections du Tome Un ainsi que sur la rédaction de mon one-shot uchronie/fantastique.

lundi 18 avril 2011

Samantha Bailly sur le grill



Nous revoici en direct pour une nouvelle interview ! Aujourd'hui, nous recevons avec un grand plaisir, l'auteure Samantha Bailly. Jeune femme pleine de talent, Samantha est l'auteure de "La Langue du Silence" et "La Chute des étoiles" pour le dyptique "Au-delà de l'Oraison". Elle a également écrit un échange épistolaire, intitulé "Lignes de vie".

Je suis ravie de vous livrer aujourd'hui ce qu'elle a partagé avec moi. Je tiens encore à la remercier chaleureusement.


-          Salut Samantha ! Bienvenue par ici ! Comment vas-tu ?
Salut ! Très bien, et toi ?
-          Tu en es à ton troisième roman : un dyptique fantasy et un échange épistolaire. Qu’est-ce-que ça fait de voir son travail ainsi concrétisé ?
C’est évidemment une très grande joie ! Pour Au-delà de l’oraison, il a fallu cinq ans entre la première ligne jetée un soir à l’internat de mon lycée et la publication des deux tomes chez Mille Saisons. Concernant Lignes de vie, les choses sont allées beaucoup plus vite, déjà car c’est un roman plus court, ensuite parce qu’il a été accepté très rapidement par les éditions Volpilière. Un an s’est écoulé entre l’écriture et la sortie !
-          Parle-nous un peu de ton parcours… comment en es-tu arrivée à écrire ?
Il faudrait plutôt retourner la question : comment l’écriture est-elle arrivée à moi ? Pour donner un âge, j’ai écrit mon premier roman vers l’âge de douze ans, au collège. Mais j’ai des souvenirs d’écriture remontant à quelques années auparavant, des petits récits inachevés après une lecture, très mimétiques. Concernant l’envie d’écrire elle-même, pour identifier le déclencheur, c’est plus flou… Je crois que comme la plupart des enfants, je vivais dans un monde d’histoires. Vous savez, celles que l’on se racontait lorsque l’on jouait avec nos petites figurines, ou bien avec d’autres enfants dans la cour de récréation. « On dirait que tu es ceci, et moi cela… ». Il est arrivé un moment où j’ai voulu les retranscrire, les figer quelque part.

-          Comment tes proches ont-ils réagi lorsque tu leur as annoncé que tu allais être publiée ?
Très bien. Mes amis et ma famille étaient très heureux à l’idée de pouvoir découvrir ce que j’écrivais dans un véritable livre.

-          Quelles difficultés rencontres-tu lorsque tu écris ?
C’est une vaste question ! Il y a parfois des scènes très difficiles à écrire, sans que l’on sache vraiment pourquoi. Un blocage, une mauvaise visualisation, un manque de documentation… Dans ces cas-là, je laisse reposer un peu, puis je m’acharne à nouveau, en essayant de trouver d’où vient le problème. Auparavant, j’écrivais absolument tout dans l’ordre chronologique. C’était le cas pour Au-delà de l’oraison, je pouvais rester plusieurs semaines bloquée sur une scène, alors que d’autres étaient beaucoup plus distinctes et évidentes. Mais je fonctionnais comme ça, une façon de me motiver en me disant « et après ce chapitre, j’arrive à ce moment que j’ai tellement envie d’écrire, allez ! ». Maintenant, sur mes nouveaux projets, je suis plus flexible. Il m’arrive d’écrire à l’avance un chapitre se déroulant plus tardivement.
-          Petite indiscrétion… sur quoi travailles-tu en ce moment ?
Sur pas mal de choses, à vrai dire ! Déjà, j’ai achevé mon roman témoignage sur la Biélorussie, intitulé Ne les oubliez pas. Je l’ai envoyé il y a un mois à plusieurs éditeurs, j’attends maintenant les réponses…
En Fantasy, je travaille actuellement sur la préquelle d’Au-delà de l’oraison, intitulée Métamorphoses. Il s’agira d’une trilogie centrée sur le personnage de Sonax, un trafiquant d’objets magiques assez excentrique ! On y retrouvera d’autres personnages du cycle principal qui l’ont accompagné durant sa vie. Le premier tome, Le théâtre solaire, se déroule dans la ville de Lynneroy, qui abrite la Corporation des Commerçants. Je l’ai presque terminé ! Il y a tous les détails sur le topic lui étant consacré sur Cocyclics :
Et sinon, mon troisième projet en cours est un roman fantastique qui se nomme Toile. Je n’en dis pas plus pour le moment…
EDIT : Samantha vient de terminer (il y a quelques jours) le premier jet de son Théâtre solaire !

-          Est-il facile de passer d’un style littéraire à l’autre ?
Je ne me pose pas la question, c’est simplement une évidence. J’ai besoin d’alterner entre les univers imaginaires et des histoires plus proches du monde réel.
-          A quel genre aimerais-tu t’attaquer ensuite ? Pourquoi ?
En fait, je ne raisonne pas vraiment en terme de « genre ». Une histoire frappe à ma porte, qu’elle concerne un monde totalement inventé, ou au contraire, une situation bien ancrée dans le quotidien.

-          Pas trop difficile de concilier vie professionnelle, vie privée et écriture ?
Auparavant, conjuguer université, vie privée et écriture était naturel, même s’il y avait des difficultés. Maintenant que je travaille, les choses ont beaucoup changé. La vie professionnelle, Paris, les transports en commun, les salons, les interventions dans les classes… Cela commence à faire beaucoup. Sachant qu’il est hors de question de sacrifier la vie privée. J’ai mis quelques mois avant de retrouver un bon équilibre. Après la communication, l’avantage de mon travail sur le jeu Might & Magic est que je suis plus dans mon élément : la Fantasy, les questions de cohérence d’univers, le travail avec les scénaristes… C’est une source de motivation et d’inspiration que d’être tous les jours aux côtés de créatifs ! Petit à petit, j’arrive donc à reprendre mes marques, à m’organiser, et à me consacrer à mes projets personnels le cœur léger.
-          Un conseil à donner à ceux qui souhaitent se lancer dans l’écriture ?
Ecrire. Et le faire pour le plaisir avant tout.
-          Le mot de la fin t’appartient, Samantha. A toi de jouer !
C’est un peu la pression, là, non ? J Eh bien, merci à toi pour toutes ces questions ! Il me tarde de lire tes propres écrits !

Extraits : dernier chapitre

Je vous emmène en voyage avec moi au coeur des ténèbres, là où toute vie se termine, là où les fleurs, les arbres et la végétation n'ont plus d'existence, là où nous emmène le Livre des Tempêtes.

Je vous offre un extrait du Livre d'ailleurs, lu à haute voix par Almar :

Il ne fallut pas en dire davantage. Almar se remit debout, ouvrit le Livre et lut à haute voix :


Deux âmes que tout opposait
En ce lieu, sont enfin réunies
Liées dans le sang et dans la mort
Réincarnées en deux artefacts de puissance
Aujourd’hui j’en appelle à votre puissance

Réveillez-vous et accomplissez ce pourquoi vous êtes nées

Des Abysses ils jailliront
Et sur les Terres kyriennes ils se répandront
Puissants et terrifiants
Tels des Anges de mort
Leur rancœur et leur haine
Sans faille et sans lois
Vous détruiront
Par le feu et le vent
Toute vie ils extermineront
Tout espoir ils annihileront
Eux, les damnés, les maudits
Que cette terre a jadis rejeté et banni.
Mais à l’est, dans le désespoir et la noirceur,
Je me dresserai
Moi, le possédé, le traître
Celui que tous haïssent et exècre
Je me dresserai, éclatant et vengeur,
Pour éradiquer ta menace
Et je ne faillirai pas,
Car ainsi doit-il en être
Ainsi, offrirai-je ma vie au néant pour protéger celle des autres
Ainsi périrai-je des mains des engeances mortelles et brûlantes
Qui naîtront de la grande faille
Car je suis celui qui dominera
Moi, l’enfant de lumière
Moi, l’enfant orphelin

L'extrait suivant dépeint le chaos qui s'en suivra :


Peu à peu, les ténèbres envahirent le village de Dun Bodr tel un voile d’obscurité  sur le soleil flamboyant, pour ensuite se répandre sur le monde kyrien tout entier, comme la déferlante qui heurte la falaise. La terre se mit à vibrer, puis  s’ouvrit. Une immense faille se dessina d’un bout à l’autre du continent, séparant en deux morceaux inégaux les Terres Lumineuses et Dévastées. Des entrailles de la terre s’échappèrent d’énormes colonnes de fumée noire à l’odeur insupportable.
[...]
Il était trop tard. Le Livre dominait le jeune homme qui perdait pied peu à peu. Tous les regards convergèrent vers lui. Nul ne savait quoi faire, ni comment l’arrêter. Il semblait en transe, happé par le contenu même du Livre. La Dague qui était accrochée à l’armure du Sorcier-Seigneur se détacha sans qu’il put l’empêcher. Elle se mit à grimper dans les airs, en suivant les courants, comme attirée par le Livre. Il l’appelait. Comme dans la formule, ils étaient des âmes sœurs, enfin reliées, enfin unies. Ils ne formaient plus qu’un et Almar devenait leur marionnette, leur moyen d’expression, leur porte-parole.

Alors que les chevaliers d’Ébène tentaient de s’échapper par la porte principale, une chaleur intense les repoussa, les obligeant à rebrousser chemin. Ils se dirigèrent alors vers la brèche mais un spectacle bien plus terrible les attendait. De la lave à perte de vue.

La terre fut à nouveau secouée et une partie de la forteresse s’affaissa sous la violence du tremblement et d’atroces rugissements remontèrent de la faille grésillante. Tous s’immobilisèrent de stupeur. Les mêmes créatures que j’avais vues lors de mon voyage dans le passé émergèrent de la faille. Des centaines remontèrent, alors que des milliers grouillaient encore en contrebas. Une odeur pestilentielle se dégagea de la croûte terrestre. Des corps en putréfaction prirent soudain vie çà-et-là, et remontèrent ensuite à la surface rejoignant le groupe d’êtres visqueux qui s’était formé au bas de la forteresse. La terre trembla. Encore et encore. Les répliques se firent tout aussi impressionnantes.
[...]
 

dimanche 17 avril 2011

Clap de fin sur le Livre des Tempêtes ~ Tome Un

Et voilà, une page se tourne ! J'ai mis le point final au premier jet du Tome un, cette nuit.

Je suis plus que ravie ! Fière, heureuse ! Même si je sais qu'il faudra passer beaucoup de temps à la relecture, re-relecture, re-re-relecture & aux corrections, je suis contente d'être enfin arrivée au bout !

Ainsi, mon projet pèse presque 500k, 499k et des poussières. Il compte plus de 84300 mots. C'est plus que je ne l'espérais, puisque je m'étais fixé un total de 450k maximum au départ.

En terme de chiffres, mon premier tome compte un prologue, 26 chapitres, 6 interludes et un épilogue.

Je n'arrive pas encore à réaliser que cette fois, c'est la bonne ! Moi qui ai toujours eu beaucoup de mal à clôturer un tel projet, je me dis que je manquais clairement de maturité. La chose est résolue désormais, je n'étais tout bonnement pas prête à écrire le mot FIN.

Quel est le programme maintenant ?

Avant de me plonger dans la phase relecture en compagnie d'une grenouille-lectrice qui lira également le roman de son côté, je vais me concentrer sur le CL dont je fais partie actuellement pour un AT SFFF. Ensuite, je travaillerai sur une nouvelle pour Nocturne. Je vais également rédigé mon résumé pour mon nouveau projet qui se déroulera dans une Egypte antique revisitée.

Après, il sera temps de me plonger dans le premier tome avant d'entamer le second.

Je tiens encore à remercier tous ceux qui m'ont soutenu dans ce projet, sans vous, je ne l'aurais jamais terminé !

samedi 16 avril 2011

Chapitre 24 : terminé ~ La fin est proche !

Mon chapitre 24 est désormais clos. J'ai bien entamé le 25ème hier, lors de la mi-nuit de l'écriture.

J'ai dû une nouvelle fois revoir le compte de cec à la hausse, puisque je comptabilisais hier soir, avant fermeture du fichier, pas moins de 473k cec, soit plus de 79000 mots. Autant dire que je suis satisfaite.

Je me suis fixée quelques objectifs avant demain midi :

- terminer le premier jet sans dépasser les 30 chapitres

Ce n'est donc qu'un seul objectif mais un objectif de taille.

Un seul extrait aujourd'hui pour vous faire plaisir, parce que Almar et Lorelei m'attendent de pieds fermes :

A l’abri des oreilles et regards indiscrets, nous évoquâmes la suite des opérations. Il nous restait de la route à faire mais les choses se précipitaient dangereusement.
— Nous en avons encore pour au moins trois jours de marche, sans compter les haltes pour nous reposer, annonça Noran.
— C’est trop, à l’heure où nous parlons, Askaath prépare ses troupes. Ils vont se déplacer jusqu’à nous et nous ne pouvons nous permettre de jeter le péril sur les Terres Lumineuses.
— Et pourquoi pas à leur tour de connaître nos problèmes ? s’offusqua Figan.
A juste titre, d’ailleurs. Depuis que j’avais foulé le sol des Terres Dévastées, je ne pouvais imaginer une seconde qu’ils subissent à nouveau de terribles atrocités. Ils avaient suffisamment souffert. Même si je ne souhaitais aucun mal aux habitants des Royaumes de l’est de notre monde, je ne pouvais tolérer que le mal ne se déverse que d’un seul côté.
— Vous avez raison, mon cher, commenta Mar’yen. Néanmoins, nous devons choisir le moindre des deux maux. Vous trouvez cela barbare ? Ça l’est. Mais nous n’avons guère le choix.
— Nous avons toujours le choix, ma dame, rétorqua le Barbu.
Sa remarque nous surprit. Il ne nous avait pas habitués à un tel comportement mais visiblement, il ne semblait pas d’accord avec la crone ; nous ne pouvions lui en tenir rigueur, il s’agissait aussi de son monde, de ses proches, de ses terres. Il voulait tout défendre, au même titre que nous.
— Nous ne sacrifierons pas les Terres Dévastées. Je m’y opposerai, clamai-je.
Très bien. Nous courrons tous à notre perte dans ce cas, conclut Mar’yen, sans aucune émotion.
Elle se leva de table, nous salua et sortit en claquant la porte.

jeudi 14 avril 2011

Chapitre 23 : terminé !

Eh voilà ! Le chapitre 23 est clos. Terminé. Fini. Ce n'est pas un exploit en soi, mais juste une continuité de mon rythme actuel. Malgré tout, je suis très satisfaite. Ma session d'écriture d'hier s'est révélée être excellente, puisque j'ai pu écrire plus de 2500 mots et ainsi mettre le point final de ce chapitre.

Techniquement, j'ai presque atteint la limite de cec que je m'étais fixée, à savoir 450k. J'en suis à 448k. Je suis encore loin (plus très loin, mais bon) de la fin. Je vais donc revoir une énième fois mon compte de chapitres à la hausse, avec une limite à 30. Je pense qu'il me faudra encore 2 voire 3 chapitres de plus pour mener à bien mon projet et respecter une certaine logique rythmique.

Retour sur le chapitre 23.

Petit syno :

Après avoir appris que son père était un traître, Lorelei est effondrée. Elle s'en veut terriblement de s'être laissée berner. Marog subit sa mauvaise humeur et la grand-maître des alchimistes se révèle une nouvelle fois impulsive et imprévisible. Jusqu'où la mènera cette violence intérieure ? Tous deux mettent le cap, bon an mal an vers la capitale de Folgorn, Pak'mar. Quant à Almar, il pénètre enfin dans Dun Bodr et y retrouve une Mar'yen plus déterminée que jamais à éradiquer une bonne fois pour toutes le Sorcier-Seigneur Askaath et ses sbires, Maro'rk y compris. Mais ce dernier ne l'entend pas de cette oreille et il s'est bien gardé de révéler certaines choses à son hôte. Notamment, cette fameuse marque que la crone a découvert au  bas du dos d'Almar, la marque de la Dague d'Ébène.


Maintenant, passons aux choses sérieuses, quelques extraits.

Extrait n°1 : Almar et cie ont pénétré dans le village de Dun Bodr. Noran (dit le Barbu) les guide vers une échoppe qui mène tout droit aux souterrains de Dun Bodr. Ils s'y engouffrent sans dire un mot et y découvre la crone.

Je compris tout de suite lorsque je la vis, assise dans l’immense salle éclairée par les flammes des candélabres.
— Que faites-vous ici ? l’interpellai-je froidement.
Maro’rk n’était pas étranger à ce ton. Je le sentais encore plus nerveux que lorsqu’il m’avait mis en garde avant que nous ne pénétrions dans Dun Bodr.
Inutile de m’obliger à être désobligeant, murmurai-je doucement en feignant de tousser.
— Jusqu’ici vous vous êtes fort bien débrouillés, constata la femme.
Elle se redressa et se mit debout avant d’avancer dans notre direction. Cette fois, elle était grande et brune. Une longue chevelure brune, légèrement bouclée. Hormis la couleur, on aurait cru qu’il s’agissait de Lorelei. Elles se ressemblaient fortement.
— Comment est-ce possible ? Comment pouvez-vous vous trouver ici bien avant nous ? l’interrogea Yavan.
— Vous oubliez qui je suis mon cher Yavan. Je n’ai besoin que d’une chose pour me déplacer.
— Un portail, souffla Ysatine, le sourire aux lèvres, heureuse de retrouver celle qui m’encouragea dans ma fuite.
Elle s’approcha de moi et m’observa de plus près. Elle m’examina sous toutes les coutures, scrutant ma peau à la recherche de la moindre cicatrice. Elle eut une demande relativement surprenante : elle souhaitait voir le bas de mon dos. Je me retournai pour lui offrir ce qu’elle demandait. J’avais quand même un minimum de pudeur et je ne voulais pas exposer mon corps à la vue des autres, surtout en ne sachant pas ce qu’elle cherchait.

A sa demande, j’allai me poster près d’un chandelier où à la lueur des flammes, elle entreprit d’examiner chaque parcelle de ma peau. Je sentis ses doigts glacés se promener sur mon dos dénudé jusqu’à un endroit particulier, où elle s’arrêta. Elle ne dit rien mais je sentais bien qu’un détail la tourmentait.
— Qu’y-a-t-il ? fis-je, inquiet de son absence de réponse.
— Dresse-moi le bilan de ce qu’il s’est passé entre toi et lui depuis ton départ de ma maison, Almar. Et surtout, n’omets rien, c’est important.



Extrait n°2 : Lorelei ne sait pas maîtriser toute sa haine envers son père et elle se déverse telle une tornade sur le pauvre Marog alors que celui-ci tente de la réconforter.

Marog s’accroupit à mes côtés et s’empara de mes mains qu’il baisa délicatement. Il entreprit de sécher mes larmes et de me redresser. Telle une vulgaire poupée de chiffon, je me pliai aux impulsions que mon corps me donnait, lequel semblait séparé de mon cerveau. Je suivis Marog en trébuchant au passage sur quelques rocailles çà-et-là, les yeux emplis de larmes qui ne cessaient de couler le long de mes joues. Je tentai de me dégager pour me retourner mais mon compagnon tira sèchement sur ma main et je ne cherchai pas à  recommencer.
— Quelle est notre mission ? Tu l’as oubliée ? vociféra Marog.
Je sursautai et reculai à la hâte ; je ne reconnaissais pas ce ton venimeux qui lui souillait la bouche. Je le regardai, consternée et en même temps, échaudée. Et le coup partit tout seul, sans que j’y réfléchisse, sans que je me pose de questions. Stupéfait, il ne réagit pas. Je sentais toute cette rancœur monter en moi, s’insinuer dans mes veines. Le sang battait mes temps et mon rythme cardiaque s’accéléra. Je succombais à une colère séduisante et méprisable, synonyme de la vengeance que je souhaitais mettre en scène pour mon père et personnifiée par Marog lui-même. Je fis un pas dans sa direction et l’attrapai par la gorge. Lentement, je soulevai son corps du sol, comme s’il n’était plus qu’un tas de muscles, vidé de sa substance, de tout son intérieur. Cet homme pour qui j’éprouvais des sentiments me parut bien faible et insignifiant à cet instant et cette idée m’ébranla. Aussi vite, je lâchai prise et il retomba lourdement sur lui-même.
— Ne me parle plus jamais sur ce ton, dis-je, comme si je me cherchais des excuses.

mercredi 13 avril 2011

Extraits ~ Chapitre 22

Voilà, une nouvelle étape de franchie. Le chapitre 22 est terminé, et le 23ème en bon chemin également.

Pour le moment, j'en suis à plus de 73000 mots. Ce qui fait plus ou moins 96% de mon challenge. Plus que 4% à écrire et je pourrai écrire le mot FIN en bas de ma dernière page.

Techniquement, en fait car en pratique, il est fort possible que je dépasse une nouvelle fois et le nombre de chapitres initialement prévus, et le nombre de cec total. J'ai sûrement vu plus grand en développant, ce qui fait que pour rester cohérent, je me dois de maintenir un certain rythme dans l'intrigue : ni trop vite, ni trop lent. Dur dur de trouver le juste milieu.

En tous les cas, peu importe, je vais donc en profiter pour vous livrer encore quelques extraits.

Le chapitre 22 porte l'intitulé suivant : "Tout n'est qu'illusion".

Petit syno rapide :

Marog et Lorelei échouent dans un village énigmatique, comme suspendu dans le temps, répondant au nom de Ker'mar. Victimes d'un sortilège d'illusion qui fait apparaître ce lieu comme ce qu'ils désirent, ils constatent qu'ils ne peuvent s'en échapper. Un quatuor de mages leur barrent l'accès à la porte principale. Pendant ce temps, Almar et ses compagnons mettent le cap sur le dernier bastion nain de Kaz Arghin, Dun Bodr. Dissimulés aux yeux de tous par un bouclier de protection, le village recèle mille et un trésors ainsi qu'une rencontre à laquelle nos amis ne s'attendent pas. Dans la province voisine, Lorelei et Marog parviennent à fuir, laissant derrière eux un village fantôme, débarassé de son sortilège d'illusion. C'est sans compter sur le commanditaire de la surpercherie, que Lorelei découvre au milieu des ruines de Ker'mar. Une personnage qu'elle non plus ne s'attendait pas à voir.

Extraits :

Quand Lorelei découvre que tout à Ker'mar est irréel...

Marog s’approcha de moi, m’enlaça avec tendresse. Il se détacha, me caressa la joue et m’entraîna dans la ruelle. Après avoir emprunté l’artère principale, je sentis les regards des villageois s’appesantir sur nous. Têtes droites, regards fixés devant nous, nous ne prêtâmes pas attention aux remarques des uns et des autres. Notre seul but nous motivait à avancer sans nous arrêter. La porte du village n’était plus très loin mais comme nous le pressentions, le chef refit son apparition et nous barra la route.
— Pourquoi partir alors que nous vous offrons tout ce dont vous rêvez ?
— Tout ceci n’est que poudre aux yeux ! lançai-je à son attention. Que se passera-t-il lorsque nous quitterons cet endroit ? Il disparaîtra ?
— En quelque sorte, avoua-t-il.
— Vous avouez donc que tout ceci n’est pas réel ?
— En effet.
— Mais comment est-ce possible ? s’enquit Marog.
— C’est un sortilège n’est-ce pas ?
Kilmar ne nia pas, mais il n’ajouta rien de plus.
— Seul un puissant magicien pourrait poser un tel acte. Qui êtes-vous ? demandai-je, sur la défensive.
— Je ne comprends pas, répondit-il.
— Dites-moi qui vous êtes ! Seul un puissant magicien est capable d’utiliser un tel sortilège, tout n’est qu’illusion ici, et vous aussi probablement.
Marog me regarda, dubitatif. Il ne semblait pas comprendre ce qu’il se passait.
— Recule-toi, lui conseillai-je. Mets-toi derrière moi et n’en bouge pas, compris ?
Il hocha la tête et se plaça comme je le lui avais demandé.

Almar contemple les paysages qui l'entourent sur la route veres Dun Bodr...

Çà-et-là, la végétation mourrait. Les fleurs se comptaient sur les doigts d’une seule main. Je me demandai comment il était possible que quelques-unes aient pu malgré tout fleurir. De part et d’autre du chemin qui nous avions emprunté, nous ne trouvâmes que désespoir et désert. Rien à l’horizon : ni animaux sauvages, ni arbres, ni tourbes. Seules les herbes séchées couvraient le sol jadis verdâtre et luxuriant. Même les rivières avaient disparu, ne laissant pour seule trace de leur existence que le lit asséché de leur parcours d’avant. Contempler l’horizon nous rappelait également que toutes les terres – celles que nous appelions depuis longtemps les Terres Dévastées – s’étaient gangrénées sous les assauts diaboliques et pervers des torrents de lave grouillants d’être difformes ; nés des entrailles de la terre, ceux-ci avaient formé le flux de lave qui s’était déversé sur ces terres, les souillant à tout jamais, les marquant pour l’éternité.

Tous ici avaient accepté cette fatalité, contraints et forcés. Contraints de vivre dans cet état de délabrement géographique. Forcés de survivre, ou du moins d’apprendre à le faire compte-tenu du manque de terrain pour les cultures de légumes et autres fleurs. Les villages tournaient au ralenti, certes, mais ils fonctionnaient. Il y avait encore de la vie sur ces terres. Il y avait encore de l’espoir. Même si ma lutte avec Maro’rk allait être difficile et préjudiciable, je ne devais pas baisser les bras et encore moins le laisser gagner du terrain. Je lui avais montré que je n’étais pas prêt à lui offrir mon corps pour toujours. Et que je me battrais pour lui, jusqu’au bout.

Une surprise de taille attend Marog et Lorelei après qu'ils soient sortis du village...

Je me laissai emporter par sa fougue et sa hâte à quitter ses lieux. En les quittant, je me retournai et je décelai quelqu’un qui se tenait debout,  au milieu des gravas et des ruines de Ker’mar. Mon cœur se mit alors à battre rapidement, très rapidement, plus que d’habitude. Je lâchai la main de Marog et rebroussai chemin, je courus mais celui qui se tenait là encore quelques instants auparavant devint plus flou, comme un souvenir lointain qui peu à peu s’estompe. Pourtant, j’eus le temps d’apercevoir son visage et je le reconnus aussitôt. Je ne voulais pas y croire, je refusais de le croire. Je devais avoir rêvé…
— Que se passe-t-il ? hurla Marog en revenant vers moi à la charge.
Il le vit aussi, avant qu’il ne s’évapore définitivement.
— Qui est-ce ? reprit-il.
Je ne pus le dire. Je ne savais pas comment, ni même pourquoi mais j’en pleurai. Je tombai au sol et je sanglotai longuement. Avant que je ne puisse bredouiller quoi que ce soit, il avait totalement disparu.
— Qui est-ce, Lorelei ? Réponds-moi, insista mon compagnon.
Les mots sortirent de ma bouche machinalement, sans émotions, comme si j’avais quitté mon corps et que j’assistais à une scène de ma propre vie. La stupeur sur le visage livide de Marog accentua encore davantage l’effet que ces trois mots eurent sur moi. Ils résonnèrent en écho dans ma tête, dans mon cœur.






mardi 12 avril 2011

Entrechats ~ Cécile Duquenne





 

Lorsque la dépouille d’un sphinx est retrouvée dans le désert, c’est l’occasion rêvée pour Khephren, jeune étudiant en magibiologie, de percer le mystère de ces animaux que l’on dit proches des anciens dieux.
Mais à l’heure où magie et technologie se côtoient, et parfois s’affrontent, ses découvertes suscitent inquiétude et convoitise. Prêts à tout pour s’emparer les premiers de la puissance des sphinx, Traditionalistes et Techs font payer à Khephren le lourd tribut du savoir.
Tandis que le braconnage des sphinx prospère, la magie s’amenuise… Surgit alors du désert une aide inespérée : les envoyés des dieux marchent de nouveau parmi les hommes.


A découvrir absolument si on aime :

- l'Egypte et ses mythes
- les enquêtes
- les univers élaborés
- la dualité technologie/magie
- les créatures fabuleuses tels que les sphinx
- les chats (et notamment, ceux qui parlent)


A déconseiller si :

- on n'aime pas les points ci-dessus
- on veut de la romance ou de la sexualité
- on cherche de la dark, high, ou heroic-fantasy
- on préfère une intrigue centrée sur un seul personnage


Mon avis :

La grande fan d'egyptologie que je suis avait quelques craintes. Je suis toujours très perplexe quant aux livres sur cette thématique.

Or, j'ai beaucoup aimé. Je me suis laissée transporter dans cet univers. J'ai été littéralement happée par le mystère, les mythes & légendes, l'aura qui se dégage du récit.

Les personnages ? Bien détaillés, crédibles. On les aime ou on les déteste. J'ai ressenti un dégoût croissant pour l'un d'eux et beaucoup de tristesse pour un autre jusqu'à un certain moment  (que je ne citerai pas de peur de spoiler).

Le récit coule bien, il est fluide, bien rythmé. J'ai adoré le découpage selon les différents lieux. La hiérarchie des chapitres permet une aisance de lecture non-négligeable. On peut ainsi se poser cinq minutes, lire et ensuite reposer selon ce que l'on a à faire.

J'ai été conquises par les sphinx. Quel bonheur de voir ce mythe repris de la sorte ! C'est crédible, bien appréhendé et énigmatique. Les chats également sont "savoureux".
 
C'est un livre dont je garderai un excellent souvenir et qui entre, de la sorte, dans mes préférés pour 2010.
 
Bravo, Cécile !

Paru aux éditions Voy'[el], 380 pages

Au Sortir de l'Ombre ~ Syven

Souvenez-vous, il y a quelques semaines, je vous parlais d’Au Sortir de l’Ombre, de Syven. J’ai longuement attendu l’arrivée du roman chez moi, une fois la commande passée. Je ne regrette pas de l’avoir commandé. C’est parti !
L’auteur :
Née en 1978 au Havre, Syven vit aujourd’hui dans le Finistère. Passionnée par Star Was, les super-héros, les dragons, les vaisseaux spatiaux, et j’en passe, Syven écrit depuis l’enfance, pour notre plus grand plaisir.  Elle est également l’initiatrice de CoCyclics et la présidente de l’association Tremplins de l’Imaginaire.
Quatrième de couverture :
Londres, 1889. La guilde d'Ae protège les aethrynes depuis des siècles pour qu'elles se consacrent à leur tâche : garder piégés dans leur ombre de sinistres monstres avides de massacre, les Gothans. Lorsque la secte des némésis s'attaque à ces prêtresses, l'organisation est ébranlée par la traîtrise de plusieurs agents d'importance. Les traqueurs William, Christopher et Heinrich, qui sont chargés de la protection de lady Eileen pour une nuit, n'imaginent pas les enjeux de la chasse dont ils feront bientôt l'objet. Mais dans l'ombre d'Eileen, attentif, « Il » sait ce qui est sur le point de se jouer.
 L’avis du critique :
Comme je l’ai dit plus haut, je l’attendais avec grande impatience.  Je ne suis pas déçue de l’avoir acheté et encore moins de l’avoir lu. Je me serais volontiers jetée dessus si je n’avais eu du temps que pour ça. C’est pour cette raison que cette critique n’arrive que maintenant.
Commençons.
Le quatrième de couverture m’intriguait beaucoup. Les lieux choisis, principalement. Moi qui suis prof de langues et qui affectionne l’Angleterre des temps passés, j’ai été servie. L’époque victorienne durant laquelle se déroule l’histoire est particulièrement bien rendue. L’atmosphère et l’ambiance parfois pesante donne un certain cachet au roman. Les décors, les tenues, les manières que l’on imagine aisément à la lecture rendent l’ensemble encore plus cohérent et on le sent étoffé, bien ficelé et juste.
L’écriture est agréable, maîtrisée, stylée. Syven manie la langue française avec brio et cela se ressent tout au long du récit. J’ai été surprise par la qualité continue du vocabulaire. Parfois, dans certains romans, on constate des morceaux de chapitres plus décousus, moins clair, mais je n’ai pas ressenti cela ici, que du contraire !
J’ai beaucoup aimé les références à la religion, revisitée mais oh combien intéressante et cohérente. Très aboutie, particulièrement prenante et les informations de carnets personnels, de cours des protagonistes très impressionnantes de réalisme. Autre point positif, le découpage. J’apprécie les longs chapitres, comme j’apprécie les sauts de scène, de personnages, rapides ou lents. Je trouve que cela pimente la lecture et finalement, c’est assez pratique quand on a énormément de choses à faire sur la journée.
L’univers, mêlant ésotérisme et fantastique, est également prenant. Les Gothans reçoivent sans nul doute mon premier coup de cœur. Le second ira à Lady Eileen et le dernier pour les traqueurs, principalement Heinrich (eh oui, qui l’eut cru ? Oui, bon, je l’avoue, William aussi).
La tension croissante, le final d’envergure, les personnages m’ont tenu en haleine et l’intrigue est rondement menée. J’ai été cependant déçue de la toute fin. Peut-être m’attendais-je à autre chose ? Je ne sais pas réellement définir ce qui m’a gênée dans cette fin. Ce n’est qu’un petit bémol, puisque j’ai été happée par l’ensemble, prise dans le flot de mots, de description.
Une chose à dire pour conclure : bravo Syven !
Informations :
Illustration de couverture : Aurélien POLICE
ISBN : 978-2-918719-11-3 Prix : 22.90 € - 476 pages (paru aux Editions du Riez)

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