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jeudi 11 décembre 2014

[Rédemption] Quelques nouvelles

Je suis en pleine relecture de BAT, ça avance bien ! Je devrais avoir terminé demain.


En attendant, quelques nouvelles à partager avec vous !

Les précommandes se terminent le 13 janvier donc si le coeur vous en dit, vous pouvez le précommander à cet endroit.

À noter que pour ceux qui le précommanderont ou l'ont précommandé, ils le recevront dès mi-janvier.

Pour les autres, il faudra attendre la sortie officielle le 3 février !

Autre point complètement fou, Rédemption figure parmi les meilleurs ventes de novembre avec d'autres bouquins de mes estimés collègues auteurs du Riez ! Quelle belle surprise et super nouvelle !

J'en profite aussi pour vous parler d'un projet un peu fou lié à Rédemption, la création d'une bande son qui pourra être écoutée tout en lisant, si vous le souhaitez. C'est un ami qui s'y colle, Déhà (et son site). Et je ne peux que vous encourager à aller découvrir son travail et la diversité de ses compos !
Dès que cela sera prêt, je ne manquerai pas de vous en reparler ! 

Et enfin, je termine par la mise en ligne du début de Rédemption si vous voulez vous plonger dans le prologue et les deux premiers chapitres ! C'est par ici que ça se passe !

Et je vous réserve une surprise pour très bientôt (ouh je tease ^^) ! 


À très vite ! 


vendredi 22 août 2014

Happy Ray's day !



Aujourd'hui, on fête la lecture grâce à Ray Bradbury !



Donc, aujourd'hui, on fête aussi les lecteurs, les auteurs et les éditeurs !

Pour en savoir plus sur l'événement, rendez-vous ici : Ray's day

Moi aussi, je me mets à contribution et je partage avec vous deux nouvelles que je vous invite à commenter si l'envie vous prend !

La première nouvelle s'intitule Sleeping Hunter et la seconde, Le poids du cœur.

J'espère que vous apprécierez et je vous souhaite une belle journée !


UPDATE : les deux nouvelles sont disponibles au format Epub et Mobi. N'hésitez pas à m'envoyer un message privé avec votre mail si vous souhaitez les obtenir sous ces formats !





dimanche 10 novembre 2013

L'art de la déclamation (Partie II) : Hommage à Verhaeren

Parmi tout ce que Daphné m'a appris (voir mon billet précédent), elle m'a transmis sa passion pour les textes d'auteurs belges. Des textes empreints de mélancolie, mais pas seulement. Je vous en citerais quelques-uns mais je ne résiste pas à vous livrer un en entier. C'est un des poèmes qui m'a sans doute le plus marqué.

Il s'agit de La crypte d'Emile Verhaeren.


Égarons-nous, mon âme, en ces cryptes funestes,
Où la douleur, par des crimes, se définit,
Où chaque dalle, au long du mur, atteste
Qu'un meurtre noir, à toute éternité,
Est broyé là, sous du granit.

Des pleurs y tombent sur les morts ;
Des pleurs sur des corps morts
Et leurs remords,
Y tombent ;
Des cœurs ensanglantés d'amour
Se sont jadis aimés,
Se sont tués, quoique s'aimant toujours,
Et s'entendent, les nuits, et s'entendent, les jours,
Se taire ou s'appeler, parmi ces tombes.

Le vent qui passe et que l'ombre y respire,
Est moite et lourd et vieux de souvenirs ;
On l'écoute, le soir, l'haleine suspendue ;
Et l'on surprend des effluves voler
Et s'attirer et se frôler.

Oh ! ces caves de marbre en sculpture tordues.

La vie, au-delà de la mort encor vivante,
La vie approfondie en épouvante,
Perdure là, si fort,
Qu'on croit sentir, dans les murailles,
Avec de surhumains efforts,
Battre et s'exalter encor
Tous ces cœurs fous, tous ces cœurs morts,
Qui ont vaincu leurs funérailles.

Reposent là des maîtresses de rois
Dont le caprice et le délire
Ont fait se battre des empires ;
Des conquérants, dont les glaives d'effroi
Se brisèrent, entre des doigts de femme ;
Des poètes fervents et clairs
De leur ivresse et de leur flamme,
Qui périrent, en chantant l'air
Triste ou joyeux qu'aimait leur dame.

Voici les ravageurs et les ardents
Dont le baiser masquait le coup de dents ;
Les fous dont le vertige aimait l'abîme
Qui dépeçaient l'amour en y taillant un crime ;
Les violents et les vaincus du sort
Ivres de l'inconnu que leur offrait la mort ;
Enfin, les princesses, les reines,
Mortes - depuis quels temps et sur quels échafauds ? -
Quand le peuple portait des morts, comme drapeaux,
Devant ses pas rués vers la conquête humaine.

Égarons-nous, mon âme, en ces cryptes de deuil,
Où, sous chaque tombeau, où, dans chaque linceul,
On écoute les morts si terriblement vivre.
Leur désespoir superbe et leur douleur enivrent,
Car, au-delà de l'agonie, ils ont planté
Si fortement et si tragiquement leur volonté
Que leur poussière encore est pleine
Des ferments clairs de leur amour et de leur haine.
Leurs passions, bien qu'aujourd'hui sans voix,
S'entremordent, comme autrefois,
Plus féroces depuis qu'elles se sentent
Libres, dans ce palais de la clarté absente.

Regard d'orgueil, regard de proie,
Fondent l'un sur l'autre, sans qu'on les voie,
Pour se percer et s'abîmer, en des ténèbres.
Autour des vieux granits et des pierres célèbres,
Parfois, un remuement de pas guerriers s'entend
Et tel héros debout dans son orgueil, attend
Que, sur son socle orné de combats rouges,
Soudain le bronze et l'or de la bataille bougent.

Tout drame y vit, les yeux hagards, le poing fermé,
Et traîne, à ses côtés, le désespoir armé ;
L'envie et le soupçon aux carrefours s'abouchent ;
Des mots sont étouffés, par des mains, sur des bouches ;
Des bras se nouent et se dénouent, ardents et las ;
Dans l'ombre, on croirait voir luire un assassinat ;
Mille désirs qui se lèvent et qui avortent,
D'un large élan vaincu, battent toujours les portes ;
L'intermittent reflet de vieux flambeaux d'airain
Passe, le long des murs, en gestes surhumains ;
On sent, autour de soi, les passions bandées,
Sur l'arc silencieux des plus sombres idées ;
Tout est muet et tout est haletant ;
La nuit, la fièvre encore augmente et l'on entend
Un bruit pesant sortir de terre
Et se rompre les plombs et se fendre les bières !
Oh, cette vie aiguë et toute en profondeur,
Si ténébreuse et si trouble, qu'elle fait peur !
Cette vie âpre, où les luttes s'accroissent
A force de volonté,
Jusqu'à donner l'éternité
Pour mesure à son angoisse,
Mon cœur, sens-tu, comme elle est effrénée
En son spasme suprême et sa ferveur damnée ?

Soit par pitié, soit parce qu'elle
Concentre, en son ardeur, toute l'âme rebelle,
Incline-toi, vers son mystère et sa terreur,
Ô toi, qui veux la vie à travers tout, mon coeur !
Pèse sa crainte et suppute ses rages
Et son entêtement, en ces conflits d'orages,
Toujours exaspéré, jusqu'au suprême effort ;
Sens les afflux de joie et les reflux de peine
Passer, dans l'atmosphère, et enfiévrer la mort ;
Songe à tous tes amours, songe à toutes tes haines,
Et plonge-toi, sauvage et outrancier,
Comme un rouge faisceau de lances,
En ce terrible et fourmillant brasier
De violence et de silence.
 

Dans la troisième partie, je vous présenterai un poème cher à mon cœur de Georges Rodenbach.



L'art de la déclamation (Partie I)

Quand j'étais enfant, j'ai suivi des cours de déclamation avec une prof qui m'a donné l'envie de faire du théâtre et de la poésie. Cette femme, forte de son savoir et de sa passion, m'a transmis la passion de la déclamation à son tour.

Après quelques années et ma participation à une reconstitution histoire de la légende de Marotte et Ligère en 2003, j'ai décidé de m'inscrire à l'Académie de musique et des arts parlés de La Bouverie dans la foulée. Finalement, je revenais à mes premiers amours pour la littérature et la poésie.
C'est là que j'ai eu l'immense chance de rencontre un nouveau professeur dynamique et passionné, Daphné Cornez. Femme pleine d'imagination, de ressources, de dévouement pour sa passion. Elle a été un moteur pour toujours se dépasser et m'a fait faire des choses hallucinantes : un gueux, une danseuse du ventre, danseuse de bignou (je vous épargne l'air, c'est tellement entraînant que vous me maudirez ensuite !), un des 12 fantômes premiers rôles lors de la reconstitution de la bataille de Malplaquet avec son spectacle "La nuit des fantômes" dont voici une photo ci-dessous.



Bref elle m'a permis de me dépasser. Encore et encore.

(Fin de la première partie)
 
 


mardi 14 août 2012

La colère du dragon (T1 du LdT) : quelques extraits

La reprise fut bonne. Les corrections avancent, même si je me sens toujours obligée de reprendre complètement certains passages ! :-)

Cependant, ce n'est pas une mauvaise chose. Au contraire.

Pour vous faire patienter, et parce que cela fait un moment, voici quelques extraits.


Toujours prisonnière du Sorcier-Seigneur, Lorelei assiste à une scène très étrange qui pourrait bien faire changer le cours des événements.


Extrait n° 1 :


Les lamentations des mages-nécromants s’intensifièrent et bientôt, un sentiment de malaise m’envahit. La pièce se refroidit, comme si toute vie quittait la pièce. Comme si la mort venait nous recouvrir de son voile obscur. Je les vis alors. Je sursautai. Dans un mouvement d’instinct, je reculai pour me coller contre le mur.
— N’ayez pas peur, très chère, elles ne vous feront aucun mal. Elles ne viennent pas pour vous. Elles sont destinées à notre ami ici présent, ajouta-t-il en désignant le soldat sur l’établi central.
— Qu’est-ce que…
— Des Ombres. Toutes droit venues de l’entre-deux mondes.


Extrait n° 2 :

La cage thoracique s’anima subitement. Peu à peu, le bruit d’une respiration se fit entendre. Le souffle moins haletant, la respiration saccadée s’affina à tel point qu’elle en devint régulière. Le mort reprenait vie. Le sang séché maculait ses vêtements, mais il ne s’en soucia guère. Je les vis s’affairer autour de lui, le glorifier. Les nécromants se congratulèrent, s’embrassèrent presque. Je me rendis compte de l’exploit auquel leurs recherches avaient abouti ; j’en tremblai. S’ils étaient capables d’en ramener un, à plus long terme, ils feraient de même avec d’autres. Des centaines, voire des milliers. Jonas s’empara de ma main, comme pour me réconforter ou se réconforter lui-même. Je l’avais vu se coller au mur, les yeux effarés, face aux Ombres qui déambulaient autour de nous, en quête de chair dont se nourrir.
Le mort se redressa, s’assit sur le rebord de la table de bois crasseuse et se tint avant d’en descendre. Sur ses deux pieds, tel l’enfant en bas âge qui apprend à marcher, il tituba puis expectora du sang. Il balaya la pièce des yeux puis son regard s’arrêta sur lui. Comme si seul l’instinct lui dictait sa conduite, il s’inclina.



Extrait n°3 :


J’en eus la confirmation bien plus tard dans la journée. Ceci n’était que le début. Dix autres suivirent, puis vingt, puis trente. Après, j’arrêtai de compter.



La suite, bientôt !


mardi 19 avril 2011

Le Livre des Tempêtes ~ Tome Deux : Et du chaos naquit l'espoir

Voici la fiche-résumé du T2 du Livre des Tempêtes... GO GO GO !

Titre du projet :

Le Livre des Tempêtes (LdT) – Tome Deux : Et du chaos naquit l'espoir

Genre :

Dark & High Fantasy

Public visé:

Adultes

Nombre de signes prévus :

Partons du principe de faire deux tomes plus ou moins égaux, donc, environ 85000 mots ou 500k

Résumé :

L’histoire (Tome un) :

Almar était un jeune homme bien sous tous rapports jusqu’au jour où il entreprit de sauver l’élue de son cœur, Dame Lorelei, Grand-Maître des Alchimistes, en s’emparant du précieux et maudit Livre des Tempêtes. Celui-ci capable de réveiller les créatures grouillantes des Abysses est la convoitise du terrible Sorcier-Seigneur Askaath, lequel fomente un complot pour devenir le chef incontesté du monde kyrien. Chacun de leur côté, nos héros vont affronter le pire comme le meilleur. Ils mèneront leur combat, avec cœur et acharnement, au péril de leur vie, tantôt considérés comme des traîtres, tantôt comme des sauveurs. Mais comme dit l’adage, l’habit ne fait pas le moine. Une surprise de taille les attend lors de l’assaut final, à Dun Bodr : Héden le Sage, fidèle serviteur du bien, a changé. La cupidité l’a corrompu et lui aussi veut désormais s’emparer du Livre. Lors de l’ultime appel au chaos, il s’empare du funeste grimoire et disparait, laissant se déchaîner le chaos et la destruction sur le monde kyrien, plongeant tous les peuples qui y vivent dans un désordre sans nom.

Tome deux :

La colère gronde partout dans le monde kyrien, tandis que le mal se déverse sur toutes les terres à gauche et droite de la faille. Les créatures grouillantes traquent et tuent tout sur leur passage. Guidées par Héden le Sage, le père de Lorelei, celui que l'on n'imaginait pas fomenter pareil complot, elles détruisent tout, annihilent toute vie, végétale ou animale.
Retranchés dans les montagnes de Kaz Arghin, Almar, Lorelei et les quelques survivants de l'assaut final (voir T1), préparent la suite des opérations. Ils doivent impérativement mettre un terme à toute cette destruction, au risque de voir disparaître à jamais leur monde. Muni de la Dague d'Ebène, qu'Héden a honteusement oublié d'emporter, Almar tient une possibilité de renverser la tendance. Mais celle-ci s'avère plus dangereusue. En effet, pour pouvoir arrêter le maudit magicien, il doit se rendre sur les terres de celui-ci, lequel a pris possession de l'île des Tempêtes, sa désormais forteresse protégée par les créatures.
Pourtant il est loin de se douter que l'avantage pourrait bien venir de ces mêmes créatures. Sans la dague, Héden ne peut les contenir et le jour de la rebéllion a sonné. Les créatures vont enfin prendre le pouvoir, pour toujours. A moins qu'Almar et les siens ne les arrêtent.
Mais tapi dans l'ombre, Askaath n'a pas dit son dernier mot. Il a soif de vengeance.
Quand à l'espoir, il existe bel et bien, mais encore insignifiant et trop fragile tout de rose recouvert. L'enfant béni, l'enfant de Lorelei et Marog a une destinée, pourvu qu'il suive les traces de ses parents et choisissent le camp du bien.

Les personnages :
On reprend les mêmes que le un et on recommence. Viendront se greffer des personnages secondaires ensuite.

Voici les principaux :

- Almar : fils de Sidrig Belen, libraires, marchands de livres et grimoires anciens ;
- Lorelei : Grand-Maître des alchimistes, celle qui fait battre le cœur d’Almar
- Askaath, Sorcier-Seigneur, Souverain incontesté des Terres Dévastées
- Mar’yen : Crone, mère de Lorelei, membre du conseil des Abysses
- Héden le Sage : père de Lorelei, Grand-Maître des Magiciens
- Ysatine & Yavan : Maître-alchimistes, seconds de Lorelei et amis d’Almar
- Marog, l’amant de Lorelei et le père de l’enfant qu’elle porte
- Noran & Figan : deux nains, amis d’Almar (lesquels ont entrepris le voyage à ses côtés)
- Héda : reine du royaume de Berm, déchue de son titre par Héden le Sage
- Amaya : membre du conseil des Abysses, compagne du Dieu Mayin, alliée d'Héden le Sage

Outils / méthodes utilisés :

Dictionnaires en tout genre (syno, analogique, dico de base), mon pc portable & mon eeepc , mes fiches-personnages, mes fiches-mondes, mes synos-chapitres (à venir) et la carte géographique du monde kyrien

Etat du projet au 19/04/2011 :

syno en cours de construction, rédaction en réflexion

Nombre de signes :

0

Difficultés potentielles :

Egaler le rythme de ces deux derniers mois, pour tenter de terminer le premier jet avant fin décembre. Mais je suis optimiste et motivée.
Parallèment, je bosserai sur les corrections du Tome Un ainsi que sur la rédaction de mon one-shot uchronie/fantastique.

lundi 18 avril 2011

Extraits : dernier chapitre

Je vous emmène en voyage avec moi au coeur des ténèbres, là où toute vie se termine, là où les fleurs, les arbres et la végétation n'ont plus d'existence, là où nous emmène le Livre des Tempêtes.

Je vous offre un extrait du Livre d'ailleurs, lu à haute voix par Almar :

Il ne fallut pas en dire davantage. Almar se remit debout, ouvrit le Livre et lut à haute voix :


Deux âmes que tout opposait
En ce lieu, sont enfin réunies
Liées dans le sang et dans la mort
Réincarnées en deux artefacts de puissance
Aujourd’hui j’en appelle à votre puissance

Réveillez-vous et accomplissez ce pourquoi vous êtes nées

Des Abysses ils jailliront
Et sur les Terres kyriennes ils se répandront
Puissants et terrifiants
Tels des Anges de mort
Leur rancœur et leur haine
Sans faille et sans lois
Vous détruiront
Par le feu et le vent
Toute vie ils extermineront
Tout espoir ils annihileront
Eux, les damnés, les maudits
Que cette terre a jadis rejeté et banni.
Mais à l’est, dans le désespoir et la noirceur,
Je me dresserai
Moi, le possédé, le traître
Celui que tous haïssent et exècre
Je me dresserai, éclatant et vengeur,
Pour éradiquer ta menace
Et je ne faillirai pas,
Car ainsi doit-il en être
Ainsi, offrirai-je ma vie au néant pour protéger celle des autres
Ainsi périrai-je des mains des engeances mortelles et brûlantes
Qui naîtront de la grande faille
Car je suis celui qui dominera
Moi, l’enfant de lumière
Moi, l’enfant orphelin

L'extrait suivant dépeint le chaos qui s'en suivra :


Peu à peu, les ténèbres envahirent le village de Dun Bodr tel un voile d’obscurité  sur le soleil flamboyant, pour ensuite se répandre sur le monde kyrien tout entier, comme la déferlante qui heurte la falaise. La terre se mit à vibrer, puis  s’ouvrit. Une immense faille se dessina d’un bout à l’autre du continent, séparant en deux morceaux inégaux les Terres Lumineuses et Dévastées. Des entrailles de la terre s’échappèrent d’énormes colonnes de fumée noire à l’odeur insupportable.
[...]
Il était trop tard. Le Livre dominait le jeune homme qui perdait pied peu à peu. Tous les regards convergèrent vers lui. Nul ne savait quoi faire, ni comment l’arrêter. Il semblait en transe, happé par le contenu même du Livre. La Dague qui était accrochée à l’armure du Sorcier-Seigneur se détacha sans qu’il put l’empêcher. Elle se mit à grimper dans les airs, en suivant les courants, comme attirée par le Livre. Il l’appelait. Comme dans la formule, ils étaient des âmes sœurs, enfin reliées, enfin unies. Ils ne formaient plus qu’un et Almar devenait leur marionnette, leur moyen d’expression, leur porte-parole.

Alors que les chevaliers d’Ébène tentaient de s’échapper par la porte principale, une chaleur intense les repoussa, les obligeant à rebrousser chemin. Ils se dirigèrent alors vers la brèche mais un spectacle bien plus terrible les attendait. De la lave à perte de vue.

La terre fut à nouveau secouée et une partie de la forteresse s’affaissa sous la violence du tremblement et d’atroces rugissements remontèrent de la faille grésillante. Tous s’immobilisèrent de stupeur. Les mêmes créatures que j’avais vues lors de mon voyage dans le passé émergèrent de la faille. Des centaines remontèrent, alors que des milliers grouillaient encore en contrebas. Une odeur pestilentielle se dégagea de la croûte terrestre. Des corps en putréfaction prirent soudain vie çà-et-là, et remontèrent ensuite à la surface rejoignant le groupe d’êtres visqueux qui s’était formé au bas de la forteresse. La terre trembla. Encore et encore. Les répliques se firent tout aussi impressionnantes.
[...]
 

samedi 16 avril 2011

Chapitre 24 : terminé ~ La fin est proche !

Mon chapitre 24 est désormais clos. J'ai bien entamé le 25ème hier, lors de la mi-nuit de l'écriture.

J'ai dû une nouvelle fois revoir le compte de cec à la hausse, puisque je comptabilisais hier soir, avant fermeture du fichier, pas moins de 473k cec, soit plus de 79000 mots. Autant dire que je suis satisfaite.

Je me suis fixée quelques objectifs avant demain midi :

- terminer le premier jet sans dépasser les 30 chapitres

Ce n'est donc qu'un seul objectif mais un objectif de taille.

Un seul extrait aujourd'hui pour vous faire plaisir, parce que Almar et Lorelei m'attendent de pieds fermes :

A l’abri des oreilles et regards indiscrets, nous évoquâmes la suite des opérations. Il nous restait de la route à faire mais les choses se précipitaient dangereusement.
— Nous en avons encore pour au moins trois jours de marche, sans compter les haltes pour nous reposer, annonça Noran.
— C’est trop, à l’heure où nous parlons, Askaath prépare ses troupes. Ils vont se déplacer jusqu’à nous et nous ne pouvons nous permettre de jeter le péril sur les Terres Lumineuses.
— Et pourquoi pas à leur tour de connaître nos problèmes ? s’offusqua Figan.
A juste titre, d’ailleurs. Depuis que j’avais foulé le sol des Terres Dévastées, je ne pouvais imaginer une seconde qu’ils subissent à nouveau de terribles atrocités. Ils avaient suffisamment souffert. Même si je ne souhaitais aucun mal aux habitants des Royaumes de l’est de notre monde, je ne pouvais tolérer que le mal ne se déverse que d’un seul côté.
— Vous avez raison, mon cher, commenta Mar’yen. Néanmoins, nous devons choisir le moindre des deux maux. Vous trouvez cela barbare ? Ça l’est. Mais nous n’avons guère le choix.
— Nous avons toujours le choix, ma dame, rétorqua le Barbu.
Sa remarque nous surprit. Il ne nous avait pas habitués à un tel comportement mais visiblement, il ne semblait pas d’accord avec la crone ; nous ne pouvions lui en tenir rigueur, il s’agissait aussi de son monde, de ses proches, de ses terres. Il voulait tout défendre, au même titre que nous.
— Nous ne sacrifierons pas les Terres Dévastées. Je m’y opposerai, clamai-je.
—Très bien. Nous courrons tous à notre perte dans ce cas, conclut Mar’yen, sans aucune émotion.
Elle se leva de table, nous salua et sortit en claquant la porte.

jeudi 14 avril 2011

Chapitre 23 : terminé !

Eh voilà ! Le chapitre 23 est clos. Terminé. Fini. Ce n'est pas un exploit en soi, mais juste une continuité de mon rythme actuel. Malgré tout, je suis très satisfaite. Ma session d'écriture d'hier s'est révélée être excellente, puisque j'ai pu écrire plus de 2500 mots et ainsi mettre le point final de ce chapitre.

Techniquement, j'ai presque atteint la limite de cec que je m'étais fixée, à savoir 450k. J'en suis à 448k. Je suis encore loin (plus très loin, mais bon) de la fin. Je vais donc revoir une énième fois mon compte de chapitres à la hausse, avec une limite à 30. Je pense qu'il me faudra encore 2 voire 3 chapitres de plus pour mener à bien mon projet et respecter une certaine logique rythmique.

Retour sur le chapitre 23.

Petit syno :

Après avoir appris que son père était un traître, Lorelei est effondrée. Elle s'en veut terriblement de s'être laissée berner. Marog subit sa mauvaise humeur et la grand-maître des alchimistes se révèle une nouvelle fois impulsive et imprévisible. Jusqu'où la mènera cette violence intérieure ? Tous deux mettent le cap, bon an mal an vers la capitale de Folgorn, Pak'mar. Quant à Almar, il pénètre enfin dans Dun Bodr et y retrouve une Mar'yen plus déterminée que jamais à éradiquer une bonne fois pour toutes le Sorcier-Seigneur Askaath et ses sbires, Maro'rk y compris. Mais ce dernier ne l'entend pas de cette oreille et il s'est bien gardé de révéler certaines choses à son hôte. Notamment, cette fameuse marque que la crone a découvert au  bas du dos d'Almar, la marque de la Dague d'Ébène.


Maintenant, passons aux choses sérieuses, quelques extraits.

Extrait n°1 : Almar et cie ont pénétré dans le village de Dun Bodr. Noran (dit le Barbu) les guide vers une échoppe qui mène tout droit aux souterrains de Dun Bodr. Ils s'y engouffrent sans dire un mot et y découvre la crone.

Je compris tout de suite lorsque je la vis, assise dans l’immense salle éclairée par les flammes des candélabres.
— Que faites-vous ici ? l’interpellai-je froidement.
Maro’rk n’était pas étranger à ce ton. Je le sentais encore plus nerveux que lorsqu’il m’avait mis en garde avant que nous ne pénétrions dans Dun Bodr.
Inutile de m’obliger à être désobligeant, murmurai-je doucement en feignant de tousser.
— Jusqu’ici vous vous êtes fort bien débrouillés, constata la femme.
Elle se redressa et se mit debout avant d’avancer dans notre direction. Cette fois, elle était grande et brune. Une longue chevelure brune, légèrement bouclée. Hormis la couleur, on aurait cru qu’il s’agissait de Lorelei. Elles se ressemblaient fortement.
— Comment est-ce possible ? Comment pouvez-vous vous trouver ici bien avant nous ? l’interrogea Yavan.
— Vous oubliez qui je suis mon cher Yavan. Je n’ai besoin que d’une chose pour me déplacer.
— Un portail, souffla Ysatine, le sourire aux lèvres, heureuse de retrouver celle qui m’encouragea dans ma fuite.
Elle s’approcha de moi et m’observa de plus près. Elle m’examina sous toutes les coutures, scrutant ma peau à la recherche de la moindre cicatrice. Elle eut une demande relativement surprenante : elle souhaitait voir le bas de mon dos. Je me retournai pour lui offrir ce qu’elle demandait. J’avais quand même un minimum de pudeur et je ne voulais pas exposer mon corps à la vue des autres, surtout en ne sachant pas ce qu’elle cherchait.

A sa demande, j’allai me poster près d’un chandelier où à la lueur des flammes, elle entreprit d’examiner chaque parcelle de ma peau. Je sentis ses doigts glacés se promener sur mon dos dénudé jusqu’à un endroit particulier, où elle s’arrêta. Elle ne dit rien mais je sentais bien qu’un détail la tourmentait.
— Qu’y-a-t-il ? fis-je, inquiet de son absence de réponse.
— Dresse-moi le bilan de ce qu’il s’est passé entre toi et lui depuis ton départ de ma maison, Almar. Et surtout, n’omets rien, c’est important.



Extrait n°2 : Lorelei ne sait pas maîtriser toute sa haine envers son père et elle se déverse telle une tornade sur le pauvre Marog alors que celui-ci tente de la réconforter.

Marog s’accroupit à mes côtés et s’empara de mes mains qu’il baisa délicatement. Il entreprit de sécher mes larmes et de me redresser. Telle une vulgaire poupée de chiffon, je me pliai aux impulsions que mon corps me donnait, lequel semblait séparé de mon cerveau. Je suivis Marog en trébuchant au passage sur quelques rocailles çà-et-là, les yeux emplis de larmes qui ne cessaient de couler le long de mes joues. Je tentai de me dégager pour me retourner mais mon compagnon tira sèchement sur ma main et je ne cherchai pas à  recommencer.
— Quelle est notre mission ? Tu l’as oubliée ? vociféra Marog.
Je sursautai et reculai à la hâte ; je ne reconnaissais pas ce ton venimeux qui lui souillait la bouche. Je le regardai, consternée et en même temps, échaudée. Et le coup partit tout seul, sans que j’y réfléchisse, sans que je me pose de questions. Stupéfait, il ne réagit pas. Je sentais toute cette rancœur monter en moi, s’insinuer dans mes veines. Le sang battait mes temps et mon rythme cardiaque s’accéléra. Je succombais à une colère séduisante et méprisable, synonyme de la vengeance que je souhaitais mettre en scène pour mon père et personnifiée par Marog lui-même. Je fis un pas dans sa direction et l’attrapai par la gorge. Lentement, je soulevai son corps du sol, comme s’il n’était plus qu’un tas de muscles, vidé de sa substance, de tout son intérieur. Cet homme pour qui j’éprouvais des sentiments me parut bien faible et insignifiant à cet instant et cette idée m’ébranla. Aussi vite, je lâchai prise et il retomba lourdement sur lui-même.
— Ne me parle plus jamais sur ce ton, dis-je, comme si je me cherchais des excuses.

mercredi 13 avril 2011

Extraits ~ Chapitre 22

Voilà, une nouvelle étape de franchie. Le chapitre 22 est terminé, et le 23ème en bon chemin également.

Pour le moment, j'en suis à plus de 73000 mots. Ce qui fait plus ou moins 96% de mon challenge. Plus que 4% à écrire et je pourrai écrire le mot FIN en bas de ma dernière page.

Techniquement, en fait car en pratique, il est fort possible que je dépasse une nouvelle fois et le nombre de chapitres initialement prévus, et le nombre de cec total. J'ai sûrement vu plus grand en développant, ce qui fait que pour rester cohérent, je me dois de maintenir un certain rythme dans l'intrigue : ni trop vite, ni trop lent. Dur dur de trouver le juste milieu.

En tous les cas, peu importe, je vais donc en profiter pour vous livrer encore quelques extraits.

Le chapitre 22 porte l'intitulé suivant : "Tout n'est qu'illusion".

Petit syno rapide :

Marog et Lorelei échouent dans un village énigmatique, comme suspendu dans le temps, répondant au nom de Ker'mar. Victimes d'un sortilège d'illusion qui fait apparaître ce lieu comme ce qu'ils désirent, ils constatent qu'ils ne peuvent s'en échapper. Un quatuor de mages leur barrent l'accès à la porte principale. Pendant ce temps, Almar et ses compagnons mettent le cap sur le dernier bastion nain de Kaz Arghin, Dun Bodr. Dissimulés aux yeux de tous par un bouclier de protection, le village recèle mille et un trésors ainsi qu'une rencontre à laquelle nos amis ne s'attendent pas. Dans la province voisine, Lorelei et Marog parviennent à fuir, laissant derrière eux un village fantôme, débarassé de son sortilège d'illusion. C'est sans compter sur le commanditaire de la surpercherie, que Lorelei découvre au milieu des ruines de Ker'mar. Une personnage qu'elle non plus ne s'attendait pas à voir.

Extraits :

Quand Lorelei découvre que tout à Ker'mar est irréel...

Marog s’approcha de moi, m’enlaça avec tendresse. Il se détacha, me caressa la joue et m’entraîna dans la ruelle. Après avoir emprunté l’artère principale, je sentis les regards des villageois s’appesantir sur nous. Têtes droites, regards fixés devant nous, nous ne prêtâmes pas attention aux remarques des uns et des autres. Notre seul but nous motivait à avancer sans nous arrêter. La porte du village n’était plus très loin mais comme nous le pressentions, le chef refit son apparition et nous barra la route.
— Pourquoi partir alors que nous vous offrons tout ce dont vous rêvez ?
— Tout ceci n’est que poudre aux yeux ! lançai-je à son attention. Que se passera-t-il lorsque nous quitterons cet endroit ? Il disparaîtra ?
— En quelque sorte, avoua-t-il.
— Vous avouez donc que tout ceci n’est pas réel ?
— En effet.
— Mais comment est-ce possible ? s’enquit Marog.
— C’est un sortilège n’est-ce pas ?
Kilmar ne nia pas, mais il n’ajouta rien de plus.
— Seul un puissant magicien pourrait poser un tel acte. Qui êtes-vous ? demandai-je, sur la défensive.
— Je ne comprends pas, répondit-il.
— Dites-moi qui vous êtes ! Seul un puissant magicien est capable d’utiliser un tel sortilège, tout n’est qu’illusion ici, et vous aussi probablement.
Marog me regarda, dubitatif. Il ne semblait pas comprendre ce qu’il se passait.
— Recule-toi, lui conseillai-je. Mets-toi derrière moi et n’en bouge pas, compris ?
Il hocha la tête et se plaça comme je le lui avais demandé.

Almar contemple les paysages qui l'entourent sur la route veres Dun Bodr...

Çà-et-là, la végétation mourrait. Les fleurs se comptaient sur les doigts d’une seule main. Je me demandai comment il était possible que quelques-unes aient pu malgré tout fleurir. De part et d’autre du chemin qui nous avions emprunté, nous ne trouvâmes que désespoir et désert. Rien à l’horizon : ni animaux sauvages, ni arbres, ni tourbes. Seules les herbes séchées couvraient le sol jadis verdâtre et luxuriant. Même les rivières avaient disparu, ne laissant pour seule trace de leur existence que le lit asséché de leur parcours d’avant. Contempler l’horizon nous rappelait également que toutes les terres – celles que nous appelions depuis longtemps les Terres Dévastées – s’étaient gangrénées sous les assauts diaboliques et pervers des torrents de lave grouillants d’être difformes ; nés des entrailles de la terre, ceux-ci avaient formé le flux de lave qui s’était déversé sur ces terres, les souillant à tout jamais, les marquant pour l’éternité.

Tous ici avaient accepté cette fatalité, contraints et forcés. Contraints de vivre dans cet état de délabrement géographique. Forcés de survivre, ou du moins d’apprendre à le faire compte-tenu du manque de terrain pour les cultures de légumes et autres fleurs. Les villages tournaient au ralenti, certes, mais ils fonctionnaient. Il y avait encore de la vie sur ces terres. Il y avait encore de l’espoir. Même si ma lutte avec Maro’rk allait être difficile et préjudiciable, je ne devais pas baisser les bras et encore moins le laisser gagner du terrain. Je lui avais montré que je n’étais pas prêt à lui offrir mon corps pour toujours. Et que je me battrais pour lui, jusqu’au bout.

Une surprise de taille attend Marog et Lorelei après qu'ils soient sortis du village...

Je me laissai emporter par sa fougue et sa hâte à quitter ses lieux. En les quittant, je me retournai et je décelai quelqu’un qui se tenait debout,  au milieu des gravas et des ruines de Ker’mar. Mon cœur se mit alors à battre rapidement, très rapidement, plus que d’habitude. Je lâchai la main de Marog et rebroussai chemin, je courus mais celui qui se tenait là encore quelques instants auparavant devint plus flou, comme un souvenir lointain qui peu à peu s’estompe. Pourtant, j’eus le temps d’apercevoir son visage et je le reconnus aussitôt. Je ne voulais pas y croire, je refusais de le croire. Je devais avoir rêvé…
— Que se passe-t-il ? hurla Marog en revenant vers moi à la charge.
Il le vit aussi, avant qu’il ne s’évapore définitivement.
— Qui est-ce ? reprit-il.
Je ne pus le dire. Je ne savais pas comment, ni même pourquoi mais j’en pleurai. Je tombai au sol et je sanglotai longuement. Avant que je ne puisse bredouiller quoi que ce soit, il avait totalement disparu.
— Qui est-ce, Lorelei ? Réponds-moi, insista mon compagnon.
Les mots sortirent de ma bouche machinalement, sans émotions, comme si j’avais quitté mon corps et que j’assistais à une scène de ma propre vie. La stupeur sur le visage livide de Marog accentua encore davantage l’effet que ces trois mots eurent sur moi. Ils résonnèrent en écho dans ma tête, dans mon cœur.






mardi 12 avril 2011

Extraits ~ Chapitre 21

Et voilà ! Le chapitre 21 est enfin terminé ! C'est un soulagement, et une nouvelle pierre à l'édifice.
 
Autant dire que je suis satisfaite de mon rythme en ce moment.
 
Ce weekend s'annonce encore prolifique puisque je compte dépasser le cap des 70000 mots, et achever ainsi mon chapitre 22 que j'ai débuté hier soir.
 
Actuellement, j'ai donc 69011 mots au compteur et 21 chapitres achevés (qui seront retravaillés, bien évidemment, une fois que le tout sera terminé).
 
Pour fêter une nouvelle fois cette avancée, voici quelques extraits, rien que pour vous !
 
Contexte :
 
Lorelei et Almar sont toujours sur leurs routes respectives : Lorelei avec Marog, au village de Ker'mar ; Almar et ses 4 compagnons, dans les plaines désertiques de Khaz Arghin.
 
Nous retrouvons dans les extraits qui suivent Lorelei et Marog, qui - après leur périple dans les Abysses - se retrouvent dans ce petit village de la province de Folgorn. Ce village si atypique ne ressemble donc à aucun autre. L'atmosphère qui y règne est énigmatique et envoûtante.
 
 
Extrait n°1:  Lorelei et Marog pénètrent dans le village
 
 
A mesure que nous nous enfonçâmes dans le village, la sérénité nous gagna totalement. Nous nous sentions bien, apaisés, comme si le mal ne s’était pas répandu ici. Cela ne se pouvait, pourtant. Aussi, à bien y réfléchir, cela devait avoir fait l’objet d’un sortilège d’apaisement, lequel efface endéans un temps relativement court toutes les peines et les doutes qui habitent l’être humain. A l’intérieur de moi, tous les événements malheureux que nous avions vécu ces derniers jours n’étaient plus qu’un très lointain souvenir. Cependant, je ne devais pas oublier la mission qui nous avait été confiée. En l’état, je pris conscience que celle-ci allait s’avérer beaucoup plus ardue que je ne l’avais pensé. Et nous retrouver en ces lieux n’allait pas nous faciliter la tâche.
 
 
 Extrait n°2: Lorelei comprend que quelque chose ne va pas
 
Avant de suivre ce mystérieux chef de village, je tentai de remettre la main sur Marog, lequel furetait ici et là, à la recherche de je ne sais quoi.
— Mais qu’es-tu en train de faire au juste ? l’interpellai-je sèchement.
— Je ne sais pas trop, je me sens poussé par une envie irrésistible de tout regarder, tout observer, tout sentir. Tout est tellement…
Oui, là résidait toute l’étrangeté de la situation : tout était tellement trop. Trop ceci ou trop cela. Ce ne pouvait être réel. Quelque chose clochait. Il y avait dans l’air comme un parfum de manipulation.
— Tu ne trouves pas ça étrange ? Marog ? Où est-il encore passé ?
— Lorelei ! cria-t-il.
Aussi vite, je me précipitai à l’intérieur d’une étrange boutique d’où mille parfums s’échappaient, où je trouverai Marog le nez dans un immense sac d’herbes.
— Marog, sortons d’ici, veux-tu !
— Mais pourquoi charmante dame, s’exclama la jeune vendeuse. Je suis certaine que votre époux est intéressé.
— Ce n’est pas mon époux. Nous devons partir, ajoutai-je en tirant Marog derrière moi.
— Pas si vite, Lorelei, profitons de ce moment qui s’offre à nous !
— C’est bien ça le problème, tu ne t’en rends donc pas compte ? On manque de temps, on est tenté de faire autre chose que ce que l’on doit. Voilà ce qu’est notre punition ! Résister !
— Qu’est-ce-que tu racontes ?
— Depuis que nous avons atterri près du village, nous sommes attirés par lui, comme les mouches vers le…
— Oui, je vois ce que tu veux, répondit Marog, d’un air dégoûté.
— Je t’en prie, partons tout de suite ! l’implorai-je.
— Très bien, je te suis mais faisons vite car je sens que ça me reprend encore !
— Je sais, moi aussi.
Alors que nous nous dirigions vers l’entrée principale du village, Kiram nous proposa une nouvelle fois de le suivre. Cette fois-ci, nous ne pûmes réprimer cette envie inéluctable de le suivre et bien que nous avions autre chose à faire, nous le suivîmes vers la taverne.
 

Extraits ~ Chapitre 20

Avant de passer aux choses sérieuses, faisons le point ensemble.
 
Actuellement, je viens de dépasser les 68000 mots. J'en suis à 68184 pour le moment, et je suis en plein 21ème chapitre (presque terminé, ndlr).
 
J'ai prévu encore 4 chapitres, et j'espère parvenir à la scène finale que j'avais partiellement rédigée. Il est possible que je doive ajouter un ou deux chapitres, histoire d'être cohérente au niveau progression géographique (c'est le plus le plus nébuleux sans doute).
 
Allez, maintenant, voici ce que tout le monde attend... les extraits !
 
Le contexte : nous avions quitté nos deux héros au village de Khez Adar.  Lorelei quitte les lieux avec Emar pour retourner dans les Abysses. Almar y est toujours mais durant la nuit, un événement va venir troubler leur repos et Almar devra prendre une décision de taille, se laisser contrôler par Maro'rk pour le bien de leur groupe.
 
 
Extrait n°1 : Maro'rk prend le contrôle d'Almar.
 
 
Tous dévisagèrent le visage d’Almar. Il n’était plus. Pour le moment, mais ça ils l’ignoraient dans le cas présent. Ils ne voyaient que la finalité de la chose : je m’étais emparé de son esprit, de son corps et l’avait muré dans un profond mutisme, voire un sommeil dont il ne se réveillerait peut-être pas. Ils n’avaient pas tout à fait torts, à vrai dire. Tant que je restais aux commandes de ce petit être vulnérable, ses chances de reprendre possession de ce qui lui appartenait s’amenuisaient considérablement.
 
Yavan tenta de ceinturer le corps d’Almar mais rapidement j’esquivai son  geste.
— Je te conseille de ne pas recommencer. J’aurais tôt fait d’attirer sur toi tous les regards extérieurs et tu n’as pas envie que j’en arrive là, n’est-ce-pas ?
L’alchimiste ne répondit pas, il recula d’un pas et fit obstacle avec le reste du groupe. Je jetai un œil furtif vers l’extérieur. Quelle drôle de sensation… je me sentais étrange, bizarre et en même temps, vivant. Terriblement vivant ! J’inspirai une colossale bouffée d’air, vicié certes, mais jouissif. Je me gorgeai de toutes les odeurs qui composaient l’air de la remise abandonnée à la hâte.
— Que fait-il ? demanda discrètement Ysatine à son compagnon.
— Je me gorge d’air frais, ma chère, répondis-je, tout franc-battant.
L’air dégoûté que prit le visage de la belle me ravit en tout point. Je l’exaspérais, et ça n’avait pas de prix. Cependant, je ne devais pas oublier qu’ils étaient ma garantie d’arriver sain et sauf à bon port. Aussi, je tentai de me radoucir et ne pas exagérer.
 
 
Extrait n°2 :
 
 
Nous sortîmes tous, tour à tour, dans le vacarme incessant et la panique qui gagnait chaque habitant, chaque visiteur d’une nuit. Tous les cinq, alignés les uns à côté des autres, moi au milieu, nous avançâmes, têtes hautes, capuches abaissées, visages à découvert. C’était ce que je souhaitais, même si certains n’étaient guère pour cette mise en scène. Pour ma part, j’appréciais particulièrement l’aspect théâtral de la situation. Subitement, les regards se portèrent sur nous. Des regards d’incompréhension, d’envie, de haine, de terreur. Dans d’autres je pus lire les interrogations de nos agissements. Pourquoi ne fuient-ils pas, se disaient-ils. Fuir ? Devant elle ? J’aurais préféré affronter dix armées plutôt que de la laisser prendre le dessus sur moi. Néanmoins, au plus profond de mon être, Almar m’envoyé un conseil avisé. Ne sois pas présomptueux, Maro’rk, me glissa-t-il. Comme il avait raison. Maintenant que je tenais son destin entre mes mains, je devais me la jouer finaud.
 
Les chevaliers, disséminés çà-et-là, convergèrent vers Janah et du roi Morkagh, accompagnés d’une partie des villageois, sous le coup d’un sortilège d’emprisonnement. Parvenus à hauteur de l’entrée est du village, nous nous arrêtâmes. La pluie vint nous tenir compagnie, assombrissant davantage le petit jour qui pointait peu à peu. Aucun ennemi n’avait encore daigné poser le regard sur notre groupe. Aussi décidai-je d’attirer leur attention.
— Qui est votre chef ? hurlai-je. Je demande à lui parler.
 
 

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